De l'intensité

Ciel par Rémy- Peinture numérique
Ciel par Rémy- Peinture numérique

 

Depuis que notre sensorialité est devenue mièvre nous cherchons l’intensité pour ressentir.

Cette intensité est soit intellectuelle, soit sentimentale, soit émotionnelle, soit physique.

Dans le couple, cette recherche d’intensité s’investit trop souvent dans la notion du plaisir. Et comme ce plaisir n’est pas au rendez-vous, on en profite pour monter les enchères en une recherche d’un plaisir mystique, tantrique ou je ne sais quoi d’autre, d’encore plus inatteignable car véhiculant des concepts inconnus pour chacun.

C’est une fuite en avant à travers laquelle le discours ajourne le ressenti, où le mental est placé avant la sensorialité. C’est la croyance en un futur meilleur qui nous empêche la rencontre d’aujourd’hui. C’est de toute façon la faute de l’autre, comme l’autre doit être à l’origine de notre plaisir.

Le plaisir est une forme de limitation. Il y a recherche, il y a intention, tension vers une direction, vers un objectif. Le plaisir est le mot qui qualifie le mieux notre vide sensoriel.

Le tantra ne vise pas la recherche du plaisir, c’est une voie du désir (en tant que dynamique de connaissance). Ce qui n’exclut pas l’accès à toutes les formes de plaisir qui peuvent être sources d’enseignements si elles sont consumées. Dans le Tantra, le plaisir est impermanence. 

Le Tantrisme est une voie d’intériorisation de l’énergie érotique et de la transformation de l’énergie sexuelle. L’homme scarifiant son orgasme au Dieu Shiva et à la femme l’accompagnant, de par son énergie créatrice, afin que tous deux connaissent l’orgasme dit « de la Vallée ». Orgasme qui ne s’arrête jamais. Dans cet état d’être, il n’y a plus de place au plaisir mais je touche la Joie. La joie d’être sans attente. C’est une libération dans laquelle je ne mendie plus rien, dans laquelle l’homme ne cherche plus un imaginaire de femme qui désire comme un homme et où la femme ne cherche plus un homme qui fasse l’amour comme une femme. 

Le tantrisme est une voie pragmatique, qui, si elle reconnaît le temple intérieur de la femme, sait que l’initié a été profane, que le Saint des Saint est accessible dans un premier temps par le parvis du temple.

 

Un de mes Maîtres disait sans complaisance : « la femme devra faire l’amour 500 fois avant de trouver l’homme qui saura ouvrir son espace intérieur relié au cœur. Et l’homme devra se retenir d’éjaculer 500 fois avant d'en trouver l’entrée. »

 

-Tantrisme.org 2011-