De la peur à l'Amour

Cette sensation de peur s’expérimente soit d’une manière fonctionnelle, qui  prend en charge la préservation de l’intégrité corporelle (le corps ayant autant d'importance que l'âme), soit d’une manière mentale qui est ici la résurgence d’une énergie cloisonnée par un flot de pensées qui la mette en tension. Dans cette tension nous sommes revendication.

 

Quand notre énergie est renvoyée, dirigée sur l’autre dans l'attente d'obtenir, on ne peut pas aimer et j'y entrevois une impossibilité à aimer, à désirer l'autre, dans notre refus à nous acceuillir dans cet espace.

Personne aime ou est aimé. Donner ou recevoir de l’amour dans la séparation du je à l'autre, a soit le sens d'une profonde recherche de tranquillité, soit un sens pédagogique. Ce sens pédagogique va nous faire tendre vers l'expérimentation de notre vraie nature aimante qui est d'ordre plus subtile.

 

Il n’y a pas de séparation entre état dénué d’amour et un état d’amour. C'est simplement une indisponibilité à l'écoute qui opère cette séparation.

L’amour rayonne de notre centre en harmonie avec le chant du couple divin. Il est présence, sans passé, ni futur. Il est, ne sera jamais et n’a jamais été.

Alors derrière nos demandes incessantes tournées vers l’autre, dans l’espoir d’obtenir cette tranquillité, on active ces énergies. Nos complaisances et nos refus accroissent la sensation de souffrance, par une mauvaise circulation de ces énergies.

 

Bien sûr, si j’ai peur que ma femme ou ma maîtresse me quitte, ne me comprenne pas ou ne m’entende pas, il n’y a pas de désir possible (dans le sens «Kama »). Et c’est juste ! Vouloir changer cette peur en amour n’est qu’un refus à s'approprier l'instant présent pour ce qu'il est.

C’est un bricolage qui prend appui sur nos conditionnements avec l’imaginaire d’un futur.

En allant visiter toutes les sensations du corps, de même qu'en observant les pensées que nous contactons dans cet état nommé « peur » et en  supprimant tous les objets dont nous la faisons mentalement dépendre, nous nous destinons à un voyage dans une peur sans objet.

C'est une porte dont l'emprunt nous semble être la folie, car le mental cesse de nous extérioriser. Nous nous déconditionnons instantanément dans cette peur archaïque et profonde.

 

On s’abandonne totalement, on abdique face à ce qui se présente.

L’expérimentation nous amène à voir que cette peur profonde n’est qu’un refus à la vie.

Un refus d’être disponible à ce qui vient. Sans être qui que ce soit, sans demandes, sans choix, sans penser que ceci ou cela est mieux ou moins bien. Sans se donner de l’importance par mes souffrances ou mes succès.

 

En écoutant ce qui s’est véhiculé par l’objet « peur » on se voit, on s’autorise à se voir comme la vie nous voit. Sans jugement, sans bien, sans mal, sans séparation avec le monde.

A cet instant ce n’est pas l’amour que l’on goûte mais c’est la Joie. La joie de vivre ici sans rien ajouter ou enlever à ce que nous sommes ! Un est indivisible par essence à Dieu.

On est Désir, le seul désir sans objet. (Dans le sens Iccha  désir de recheche, ce qui pointe vers la connaissance de)

Et dans cette écoute, dans cette disponibilité, on retrouve la vision de notre centre qui n’est autre que l’amour. Il est fontaine de félicité, jaillissement perpétuel de la multitude vers l‘Un et retour de l’Un à Lui : c’est vous.

 

N’abandonnez pas vos peurs, abandonnez-vous à vos peurs, faites-vous surprendre par la vie, sans demande, sans attente. C'est une proposition du Tantra.

 

Moi....J'ai peur !