erotisme
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Erotisme.

 

Le Tantra Indou ainsi que d’autres formes de Tantrisme - comme il en a existé dans la Grèce Antique - travaille sur l’érotisation et la réappropriation de l’énergie qui se meut au travers et par l’érotisme.  Il est outil de connaissance.
L’adepte qui entreprend de voyager sur la voie Tantrique, s’applique à une profonde écoute et ce à l’endroit où sa conscience éclaire tous les constituants de son être.
Son Etre qui d’un premier abord, peut lui apparaitre sous forme d’une multitude de colorations plus ou moins disparates, n’est qu’une représentation mentale, d’une unité d’être qui lui  échoit de retrouver.
En conséquence de quoi, notre sexualité comme tous ces  autres aspects de nous-même n’est, ni plus Tantrique, ni plus spirituelle, ni plus importante que tout ce qui nous compose. Toutes ces facettes sont autant d’outils  qui nous accompagnent dans les techniques d’expansion de conscience présentées dans les Tantra.
Les traditions ont sacralisé l’érotisme et la naissance, mais pas la sexualité. La sacralisation de la sexualité comme prédicat du Tantrisme est une invention moderne. Cette idée est apparue avec la révolution sexuelle de la fin des années 68. Cette révolution, avide de liberté en regardant du côté de l’Inde terre de toutes les connaissances, a pris pour modèle une dégénérescence du Tantrisme Hindou (évolution du Tantrisme par les Aryas de l’érotisme à la pornographie).


Chercher une sexualité tantrique ou spirituelle par le Tantra est une inversion de l’équation Tantrique. C’est placer une conséquence comme postulat de la voie.
La voie tantrique qui nous ouvre les yeux du cœur et ceux de la conscience, permet d’observer le monde sans séparation. Cette non séparation nous fait nous observer nous-même et nous propose dans cette écoute, un autre mode de fonctionnement bien évidement  aussi dans notre sexualité.
Cette observation est sans attente. Chaque attente rétrécit notre ouverture, mais elles sont aussi de formidables outils de connaissances, fussent-elles utilisées pour ce qu’elles sont ! Rien n’est à rejeter. La vie nous offre ce qui est bon pour nous. 


Se laisser disponible au partage de l’érotisation puis à la réappropriation de l’énergie mise en œuvre,  sans chercher à sexualiser ou à investir une idée de réussite sur l’autre, est le début du chemin.
Encore une fois rien n’est à éliminer et  la rencontre à l’autre, qu’elle soit dans son couple ou dans toutes autres formes de relations est un formidable champ d’expérimentation pour celui qui aura le courage de se confronter à sa peur et à son abandon.
Un des piliers du Tantra est que l’homme est l’immuable centre et la femme son énergie.
L’homme abordant sa compagne, sa maîtresse comme toutes autres partenaires, travaille au sacrifice de son orgasme envers quelque  chose de bien plus vaste et de bien plus grand.
La femme, quant à elle, pour celles qui sont dans un processus de réappropriation d’une conscience féminine globale,  se trouve  à certains moments dans un double lien soutenu par un apport social et culturel fort, voire trans-générationnel.
Ce double lien est cristallisé sur l’idée d’un sexe,  qu’elle considère (à raison) comme l’endroit sacré du mystère de la vie dont seul  l’homme  Adamique  (qui n’est qu’un concept ) en aura l’accès et l’envie de simplement s’ouvrir aux plaisirs sexuels sans conditions, sans attentes et sans contraintes.


Cette ouverture est accompagnée d’une peur transmise par les différents legs déjà cité et avec  lesquels, elle se qualifie comme victime potentielle de l’homme, voire par acceptation de la position de victime pour reprendre une forme de pouvoir sur celui-ci  et ainsi venger  la Femme d’un point de vue symbolique ou mythique.
Cette conduite a pris forme quand, historiquement le patriarcat a renversé un matriarcat qui avait fait son temps.
L’homme qui rencontre une femme, la rencontre sur un autre plan. Elle est la Femme mythique, dont toutes partagent le Corps unique et Initiatique dont elles sont dépositaires.


Ce dépôt universel est l’autre partie du double lien qui amplifie un certain nombre de peurs.   Peur de rompre un engagement de fidélité, peur de ressentir des sentiments, peur du rejet, peur de ne pas être accueilli... Quant à l’homme, sa peur investiguera d’autres mentalisations : « cette femme est trop belle pour moi », « je ne pourrais pas lui donner  ce qu’elle cherche », « elle doit être très sexuelle »  « ou pas assez !», « Comment puis-je la comprendre ?»...
Dans l’approche d’un partenaire, affirmations et négation projetées  sur l’autre ajourne notre ressenti  et notre liberté.
Dans le jeu spontané de l’érotisation, sans forcément un passage à l’acte,  s’invite l’écoute profonde de ce que l’on est.


Mourir pour s’ouvrir, là est la voie. Mourir à toutes ces peurs pour les transformer. La dangerosité est de  tenter de survivre à ces croyances.  
L’homme pour accompagner cette démarche ne tentera pas de trouver  le sexe de la femme, mais  va simplement s’ouvrir à son propre champ de sensations  et de ressentis  en observant, sans commentaires,  ses propres attentes. Le travail qu’il a à accomplir est un positionnement de lui à lui, empreint de lenteur et de méditation.
Prendre le temps de stopper toutes activités dans les bras de sa compagne et ne rien faire pour tout proposer. Là est l’érotisation amoureuse. Il y a dans cette ouverture, toutes les possibilités d’une forme de bien-être qui est ressentie par l’autre, tant il ou elle se sent dans un espace de tranquillité et de découverte.
La femme initie l’homme à son énergie et à son mouvement et non l’inverse. Dans le Tantrisme c’est elle qui soutient cet aspect du couple. L’homme ralentit pour s’harmonier à la vitesse ou au mouvement de la femme.  Une fois l’harmonisation partagée, elle se laisse transporter par le mouvement  de l’homme sans le stopper. Ce mouvement reçu, se diffuse dans les deux partenaires durant un temps. L’homme, va par la suite, ralentir jusqu’à un point d’arrêt et de relâchement total. En cet instant peut se déclencher un orgasme qui prend racine dans le renoncement à toute forme d’activité et de recherche et ou de mentalisation. C’est une rencontre méditative toujours neuve baignée d’énergie sexuelle sans karma.  Il n’y a plus corps et esprit, seule l’émotion participe à l’union.


Je n’exclus nullement ici l’accès à la pure jouissance physique qui, dans cette recherche intérieure, nous permet de ressentir différents aspects de ses corps physique, énergétique ou  émotionnel.


Dans la recherche de cet orgasme dit de la Valée, qui s’applique à toute forme de rapport au monde, il est  bon de travailler :
La sensorialité du corps,
La méditation,
L’arrêt,
L’observation des pensées.

Rémy - Tantrisme.org 2011