Quintessence

Remy - Peinture numérique - 2012
Remy - Peinture numérique - 2012

L'étude des Tantra comme de certains upanishad nous révèle  la pratique de l'identification.

Le travail postural, dans le yoga ainsi que celui des mudras ou du pranayama entre autres, préparent le corps à cette identification au principe.

Il est bien entendu que la recherche de la voie qui mène à la délivrance n’est  soumise à aucune  production d’exercices corporels respiratoires ou méditatifs.

D'un point de vue du tantrisme, l'identification à la félicité  se fait soit dans un espace où nous nous sentons dans une forme de tranquillité, soit dans un abandon à ce qui peut être vécu par et dans la peur.

Les  diverses expériences de la vie nous proposent  de nous ouvrir à la libération des liens qui induisent « l'attachement-souffrance ».  Mais chaque moment de tranquillité est aussi un formidable champ d’expérience  pour goûter à la mise en pratique de l’identification au grand "Tout".

Bien souvent la peur nous fait inverser cette identification pour nous faire cheminer sur un sentier bien sombre.

En partageant avec mes stagiaires lors de mes séminaires, j'ai vu cette peur "d'être" simplement ce que nous sommes ni plus ni moins, incarné et imparfait. Nous voulons de surcroît changer le monde ou œuvrer dans ce sens. Laissons Dieu se charger du monde et cherchons la paix de notre monde intérieur. L’un est le miroir de l’autre. C’est une fonction de l’ego de vouloir une expérience de grandeur.

Le Tantra ne cherche pas la quintessence de ceci ou de cela. Il transpose l’ensemble du monde en la cinquième essence douée de conscience qu’est l’homme. C'est un rassemblement des états primordiaux du monde pour ne faire qu'un avec lui.  On est dans la multitude et c’est par cette multitude qu’apparaît le chemin vers l’unité.

La quintessence n'est pas la finalité épurée de quelque chose c'est le cinquième constituant du monde au même titre que les quatre autres. (Terre, Air, Eau, Feu)

Dans sa traduction du Vijnana Bhairava Tantra L. SILBURN apparaît cette question importante sur une recherche qui nous ferait tendre vers un idéale, une connaissance initiatique ou ésotérique d'un contenu portant à la libération. Ce Tantra répond par la négative et nous ouvre un champ d'expérimentation dans notre incarnation pour retrouver l'unité en se désengageant, de toutes productions  mentales  fussent-elle métaphysiques.

Une des clefs du tantra est un accès à la connaissance sans chercher à l'obtenir. Mais nous sommes, de toute façon, mués par cette dynamique de connaître afin d’entreprendre la recherche du chemin.

C'est une forme du non-agir. C’est en éliminant l’obtention, la réussite le vouloir avoir quelque chose en plus, que s’ouvre toute la vacuité nécessaire à la libération de la  Kundalini.

 

C’est pourquoi le Tantra ne s’occupe pas de sacraliser notre sexualité comme d’améliorer ou de produire un homme meilleur.

C’est une voie de  délivrance à la souffrance. Mais in fine au vu d’un observateur externe au Tantrika cela peut être ressenti comme tel.

 

Quand les tensions disparaissent, la sexualité, le monde ou la société n’offrent plus d’accroches aux rejets ou complaisances. Le Tantrika ne sépare plus rien. L’ensemble des concepts dualisants se résorbent.  Le sacré et le profane ne sont qu’un tout de la création. L'éclairage profane offre autant de possibilité de délivrance de ce qui peut apparaître comme sacrée.

 

Le tantra réintègre l'énergie érotique en notre centre, s'appuie sur les énergies sexuelles comme dynamique de transcendance et accueille le corps passionnel comme outil de connaissance et de libération, mais ne fait pas de la sexualité une finalité. On peut noter cependant que le Tantra accueille les désirs comme  outils de libération. A l’inverse du bouddhisme qui tente à les éliminer, le tantra propose d’y accéder pour libérer les énergies qui les sous-tendent. Cette acceptation peut amener le cherchant dans l’errances d’une quête sensuelle sans fin limitant son ouverture a cette recherche.

Ce n’est pas une voie des plus facile et qui bien souvent nous tien dans le cycle de incarnations.

 

Notre sacralité nous vient du monde même. La paix intérieure modifie notre comportement au corps,  au cœur et au sexe et non l’inverse.

Dans cette démarche nos énergies sexuelles sont un lien direct avec les étoiles.

Homme et femme réunis dans la tranquillité, goûtent à la félicité éprouvée d’être dans les bras l’un de l’autre tout en étant fermement ancrés dans leur centre.

Le partage de le leurs énergies quelle que soit  leur sexualité est un accompagnement à s’harmoniser à la parole de Dieu.

 


Rémy -www.tantrisme.org- 2012